Des chrétiens sociaux

juin 14th, 2011 | Posted by Cédric in général - (0 Comments)

Je viens de lire un article dans Neue Magazine (en anglais) sur le rapport entre les leaders d’église et les médias sociaux, tels que Tweeter, Facebook et les autres.

En substance, l’auteur encourage les pasteurs et responsables à utiliser ces médias, mais à le faire avec discernement, en faisant attention à ce que l’on y écrit.

Attention à nos paroles

L’un de mes amis est très influent parmi les pasteurs francophones. C’est également un homme public qui œuvre dans la société civile. Il a toujours fait très attention à ce qu’il communique sur le web. Son église n’a, par exemple, pas de prédications disponibles en mp3 (ça sera le sujet d’un autre article), parce que hors-contexte, certaines paroles peuvent ne pas être comprises, ou mal interprétées. On ne parle pas de la même manière à un groupe de chrétiens engagés et à un groupe de gens qui sont en approche avec Dieu, et on a aucun moyen de savoir qui écoute les sermons mp3 diffusés sur les sites web d’église. Ce que l’on dit, est dit dans un contexte (avec une pensée toute particulière pour les membres de la FFF à ce sujet). Ce que l’on écrit, est écrit pour toujours – ou presque. On peut même déterrer des vieux sites webs sur archive.org pour retrouver des traces de ce qui a été supprimé.

Faire attention à nos paroles est une chose importante, mais ce que l’on écrit l’est encore plus.

On peut tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler et finir par dire une bêtise – on nous pardonnera. Si on l’écrit, c’est plus grave, parce que l’on a le temps de revenir dessus, de le murir à tête reposée et de l’amender ou le reformuler à sa guise.

De plus, une parole écrite est étudiée, interprétée par le lecteur, avec le risque que cela soit fait dans un mauvais esprit. Je le constate régulièrement dans les conversations par email que l’on a dans l’église. Pour donner une information, l’email est un outil génial. S’il faut régler un problème, rien ne vaut une conversation face à face, ou, en cas d’urgence, au téléphone. L’intonation de la voix, la possibilité de débattre et d’échanger, d’amender, d’expliquer, de faire passer de l’humour, sont des choses de grande valeur quand on cherche à débattre ou argumenter.

Vie privée, vie publique

J’ai récemment assisté à un règlement de comptes entre chrétiens sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs un peu ce qui me motive à écrire cet article.

Cela fait des années que l’on voit certains blogs (malheureusement très influents) lancer des trolls anti-ministères, au cours desquels certains serviteurs de Dieu ou organisations chrétiennes, se font descendre en flèche dans les commentaires. C’est une mauvaise presse. Mais peu de non-chrétiens accèdent à ces blogs, somme toute assez spécialisés.

Là où les médias sociaux sont différents, c’est dans leur aspect « public ». Régler ses comptes sur le mur de facebook, c’est montrer à tous ses amis une bien triste image de l’église. Or, la Bible dit que c’est en voyant notre amour mutuel que les gens sauront que nous sommes des disciples de Jésus (Jean 13:35).

Il n’est pas question ici d’être hypocrite. Il n’est pas question de « vendre » aux personnes qui ne suivent pas Jésus que quand on est chrétien tout va bien (on sait bien que c’est faux). Il est juste important de ne pas se donner en spectacle. Quand quelque chose va mal, faisons ce que nous dis la Bible : allons voir la personne en question pour régler le différend. Si elle ne change pas, faisons le devant un ou deux témoin (pas sur la place publique), et enfin, si la personne persiste, disons-le à l’église (toujours pas sur facebook !). C’est écrit dans Matthieu 18:15-17.

Il est du ressort de chaque chrétien de prêter attention à ce qu’il met sur facebook. Mes amis chrétiens y mettent beaucoup de choses que je trouve plutôt cucul la praline (si vous me permettez), tombant dans les clichés ou le patois de Canaan. Je ne suis pas convaincu de l’impact que cela a sur les non-chrétiens. Sauf si on est soi-même cucul la praline – ce qui n’est pas mon cas. Je suis plutôt repoussé par ce genre de vidéo et autres diaporamas moralisateurs qu’on voit souvent circuler. Beuuaark !

J’ai moi-même pris le parti de créer des listes d’amis. J’en ai plusieurs (famille, collègues…), mais l’une d’entre elle est la liste « incroyants ». Car ce que je publie, je le rend public (d’où le verbe « publier »), et je le fais en ayant conscience du message que j’envoie à tous de manière publique.

En effet, je ne suis pas certain d’être compris par mes collègues de travail si je publie le statut suivant : « Super prophétie reçue ce soir à la célébration. Vraiment, un temps super béni où Dieu nous a touchés ! J’ai apprécié le partage de Michel sur la circoncision. » Ce statut sera masqué à ma liste « incroyants ».

Cependant, si j’emploie des termes plus neutres, ou si mon sujet est plus général, comme par exemple : « Un bon moment ce soir à l’église. Ca fait vraiment du bien de se sentir bien ! », alors je n’ai aucun problème à ce que mes amis, collègues, et le monde soient au courant !!!

En contact

Je suis convaincu que l’église a un rôle à jouer dans les médias sociaux. Je suis également convaincu que les pasteurs n’y sont pas assez représentés et entendus.

Je suis depuis très longtemps sur Twitter, par exemple, mais je n’y rencontre que trop peu de personnes influentes du monde chrétien. Twitter, c’est l’agora des temps modernes. Quelle est la tribune de l’église ? Comment se fait-elle entendre ? Qui va l’écouter si elle ne parle pas ?

Je pense également que les réseaux sociaux sont un moyen inespéré d’entretenir des relations pastorales avec certaines personnes, de développer de l’amitié. Un de mes amis dans l’église y passe des heures à parler avec les jeunes, à les écouter, à garder le contact et développer de nouvelles relations. Pour moi, un chrétien qui se targue de posséder un don de pastorat se doit d’être présent sur les réseaux sociaux.

Un outil avant tout

Je pense enfin que bien que les médias sociaux soient des outils très puissants et à la portée de tous, il faut savoir manier avec intelligence, car ils peuvent se révéler dangereux.

J’aime comparer facebook à une corde. On peut en faire, des choses, avec une corde. On peut sauter à la corde, grimper, à la corde. On peut porter secours à un ami en mauvaise posture. On peut créer des liens, rester en contact, on peut réparer des choses cassées. Mais on peut aussi tendre un piège, lier et emprisonner une personne, on peut même aussi se pendre. De la même manière qu’une corde est un outil pas une finalité, facebook n’est ni bon, ni mauvais, par contre il peut être (très) bien utilisé, ou (très) mal utilisé.

Alors il est bon de se demander quel emploi nous faisons de ce formidable outil. Est-il réellement au service de l’évangile qui libère ? Est-il un atout que notre église garde en main comme vecteur de communication et de partage de l’évangile ? Ne serait-il pas judicieux d’enseigner les chrétiens à l’utilisation de ces outils, et à les mettre en garde contre leurs dangers et leurs limites ?

Social Media Revolution

mai 17th, 2010 | Posted by Cédric in général - (0 Comments)

La tournure qu’a pris le web depuis 5-6 ans est très intéressante. Depuis l’avènement de l’informatique, on lui reprochait d’éloigner les gens les uns des autres, de « virtualiser » leurs relations. Tout le monde craignait que la génération Y, Z ou Z+ finissent par devenir une multitude de no-life enfermés dans leur cave ou leur chambre, 24 heures sur 24, à jouer à Call of Duty 12 en mangeant des pizzas à la caféine.

Les médias sociaux ont bouleversé la donne. Les gens se rapprochent. Moi-même, qui ne suis pas très fort pour les relations, je remercie facebook et consorts pour la dose d’interaction qu’ils apportent à ma vie. Facebook n’est pas qu’un défouloir pour extravertis, c’est également un mode d’expression pour les introvertis, qui, cachés derrière leurs claviers, n’ont pas besoin d’hurler pour se faire entendre – où tout au moins pour en placer une.

Voici encore une petite vidéo du même acabit que la précédente, pour nous parler des médias sociaux, et de la place qu’ils prennent dans la société actuelle. En Anglais dans le texte :

Tout d »abord, je félicite le (ou les) auteur(s) de cette vidéo pour sa qualité de présentation. C’est un pote qui me l’a partagée (sur facebook !), et même si certains commentaires argumentent sur l’exactitude des statistiques données, il est indéniable que les médias sociaux sont en train de bouleverser nos modes de communication.

Et l’église, dans tout ça ?

L’église doit attraper la balle au bond. Encore une fois, elle se doit d’intégrer cette révolution à son fonctionnement. Mais elle doit le faire avec discernement : si tout n’est pas bon à prendre, tout n’est pas mauvais non plus.

Votre église a certainement un site web. A-t-elle une page sur facebook ? Celles-ci sont beaucoup plus facilement partagées par les internautes qu’un site web. Un simple clic suffit à répandre une nouvelle parmi ses amis, qui le répandront parmi leurs amis, et ainsi de suite… Votre église gagnera en visibilité, si, pour autant, vous prenez garde à la faire gagner en lisibilité. Et pour être lisible, votre communication d’église doit éviter les écueils les plus répandus, tels que le patois de Canaan, les versets biblique qui font peur, et les images démodées.

Pour autant, les médias sociaux ne font pas tout.

Le problème de l’église, c’est qu’elle ne peut pas être virtuelle. Bien sur, on peut trouver à se « nourrir » spirituellement sur le net, bien sur, on peut échanger, partager, travailler ensemble dans un but commun avec les outils de communications clé-en-mains fournis par Google et les autres… mais c’est les yeux dans les yeux, la main dans la main, que l’église se construit.

Les médias sociaux sont un formidable outil de communication, au même titre qu’une guitare, un micro, un téléphone, ou un timbre. Je peux utiliser une guitare, et chanter dans un micro pour dire des bêtises, comme pour dire des choses sensées. Je peux téléphoner à mes amis, ou leur écrire pour leur partager mon amour, mais je pourrais aussi en profiter pour répandre des commérages sur les autres…

Comme toujours, le problème n’est pas du côté de  l’outil. Le problème est du côté de celui qui le manipule.

Les médias sociaux ne doivent pas faire oublier l’importance de l’église locale. Pensez-vous qu’une famille saine et équilibrée se contentera de manger par Skype, ou de se réunir à Noël sur une salle de chat ? Non ! Une famille se réunit, se voit, se touche, et communie ensemble autour d’un repas, profitant de la présence de chacun pour construire son identité, au travers de souvenirs, en prenant des photos des uns et des autres… photos qui se retrouveront le lendemain, publiées sur facebook, et qui permettront de prolonger ce moment de communion intense vécu ensemble, au travers des commentaires des uns et des autres.

Et c’est sous cet angle que l’église doit aborder les médias sociaux.

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