• 26
  • 02
  • 2010

pour une église pertinente

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Cela fait des années que je vis et que je travaille dans l’église. J’en ai vu de toutes sortes, j’ai participé à une foultitude d’expériences et de réflexions. J’ai vu le pire et le meilleur. J’ai aussi parfois pris le pire pour le meilleur et le meilleur pour le pire…

Je me suis assis sur les bancs froids des églises traditionnelles. J’ai dansé comme un déjanté sur de l’electro lors de soirées orientées « jeunes ».

J’ai beaucoup parlé, jugé, pesé et critiqué, en bien comme en mal, le sens de l’église. J’ai longtemps cru que l’église avait besoin de repenser la forme de ses cultes, afin de les rendre plus « lisibles » par la société. J’ai milité pour des chants actuels, pour un style d’animation rapide et sans langue de bois, ni « patois de Canaan ». J’ai voulu développer les églises de jeunes, les cultes alternatifs, afin de déringardiser nos réunions.

J’avais raison. Mais au milieu de tous mes efforts, j’avais oublié l’essentiel : le fond.

Je pense que beaucoup d’églises basent leurs efforts sur la forme qu’ils donnent aux cultes et aux réunions tournées vers les personnes qui cherchent Dieu. Et si l’intention est bonne, le résultat est rarement à la hauteur de l’investissement. La plupart du temps, on n’attire pas beaucoup de nouveaux-venus, et nos église se remplissent de transfuges, provenant d’autres églises, qui finiront par repartir un jour vers une autre église qui aura su leur proposer une forme de culte plus adaptée à leurs désirs.

J’ai peur que cette gesticulation évangélique ne nous amène à perdre de vue la raison d’être de l’église, qui est de faire de toutes les nations des disciples, et de leur apprendre à garder l’enseignement de Jésus (cf. Matthieu 28:20, La Bible).

Il s’agit de la mission que Jésus a donné à ses disciples lors de son départ. Elle est essentielle si l’on cherche à revenir au fond des choses afin de bâtir une église saine sur des fondements qui traverseront les générations et les modes.

Chaque église devrait se poser la question des fondements avant d’attaquer une rénovation des formes. Sans fondements solides, une église risque d’être ébranlée par ces changements. Je distingue trois niveaux qui définissent notre vie d’église : les fondements, la forme, et entre les deux, les « stabilisateurs ».

Les fondements

C’est la raison d’être de votre église. Dans notre église, nous les avons définis sous forme de « mission » en trois points. Dans d’autres courants, il s’agira du crédo dénominationnel, ou de la « vision » de l’église, ou encore d’une combinaison de tous ces termes.

Peu importe le nom qu’on donne à ces fondements, il est nécessaire de les travailler avec les responsables et/ou anciens de l’église. Ils sont l’ADN de l’église que vous construisez, et se lancer dans un projet de rénovation sans avoir cette base, c’est partir dans une aventure vouée à l’échec.

Toutes les actions de l’église doivent servir un axe de ces fondements. Ce sont les repères essentiels au développement d’une église qui aura un impact dans la société, qui recherche des valeurs sures.

Les formes

Il s’agit, à l’évidence, de l’organisation de l’église, de sa liturgie, de la manière dont elle communique avec ses membres et la société qui l’entoure.

Trop souvent, on s’imagine qu’il suffit d’allumer quelques bougies, de mettre une musique d’ambiance sympa et de boire un coup de café avant (ou après) nos réunions pour être culturellement pertinents. Mais si une culture s’exprime par des formes et des codes, elle n’est pas ces codes et ces formes. Une église qui rénove ses formes de liturgie sans aller plus loin sera vite délaissée, et ceci pour deux raisons. Une partie des gens qu’elle aura attiré la considéreront comme trop has been dès que la mode aura changé ;  l’autre partie des gens ne trouvera pas le fond qu’elle recherche, et finira par délaisser le groupe.

La clé d’une église en prise avec sa génération se trouve dans le troisième niveau : les stabilisateurs.

Les stabilisateurs

On est tous montés un jour dans une voiture dont les amortisseurs étaient mal réglés.

L’un de mes amis faisait du tuning. Il avait surbaissé sa caisse, et on pouvait sentir toutes les aspérités de la route dans notre siège. Chaque nid de poule nous faisait bondir d’un coup sec, et je ne vous parle pas des dos d’âne. Malgré sa gentillesse et l’amitié qui nous liait, je n’avais pas du tout apprécié traverser la France dans sa voiture.

Mon père avait tardé a changer ses amortisseurs. De retour de vacances, il était venu me chercher à la gare afin de me ramener à la maison. A chaque fois que la route montait ou descendait, le mouvement de la caisse était amplifié, ce qui fait que notre court voyage ressemblait plus à un tour de montagnes russes qu’à une ballade en tapis volant. Bien que le voyage fut beaucoup plus court, j’étais très heureux, également, de sortir.

Dans les deux cas, ce n’était ni la voiture, ni le conducteur qui était en cause. La route n’était pas plus mauvaise qu’ailleurs. Ce qui a fait la différence, c’est la capacité des deux véhicules à s’adapter à la route qu’ils empruntaient.

Si l’on devait rapporter cette métaphore à l’église, la route serait les fondements et la voiture, les formes.

L’évangile ne manquera pas de choquer les gens. Ce sont les aspérités de la route, qui sont là, et qu’on ne peut enlever, que cela plaise ou non. On aura beau asseoir les gens en bonne compagnie, sur un siège confortable, dans un habitacle climatisé, si la tenue de route n’est pas satisfaisante, le voyage ne sera pas agréable.

C’est ce lien qui est la clé. C’est ce lien qui est négligé, parce que les gens n’ont pas même conscience qu’il existe.

Les stabilisateurs, ce sont tous ces changements que l’on peut opérer dans notre vie d’église, et qui peuvent être remis en question sans toucher au fond des choses. Bien souvent, ils sont liés aux dogmes que nos églises ont développés.

Par exemple, dans mon église, nous nous sommes aperçus que beaucoup de nouveaux-venus ne comprenaient pas le sens du repas du Seigneur (la « Cène ») lors de nos cultes, et se sentaient exclus de ce temps qui paraissait un peu mystique et bizarre. Ainsi, nous ne prenons pas le repas du Seigneur lors des cultes publics. Nous le réservons pour des temps communautaires, tels que les réunions de semaine, ou les groupes de maison. Ainsi, nous le prenons moins souvent, mais nous lui accordons davantage d’importance.

Pour autant, je n’en fais pas une règle. Une église qui communie tous les dimanches lors de ses cultes publics ne me gène pas. Peut-être un jour reviendrons-nous à l’ancien système. Mais le but de ce billet n’est pas de débattre sur la Cène, et j’aimerais que l’on se concentre sur ceci : nous n’avons pas retiré ce fondement, nous avons ajusté notre gestion d’église en utilisant un stabilisateur.

Ce stabilisateur permet juste une entrée en douceur aux nouveaux-venus. Ils seront confrontés à la communion, mais dans un deuxième temps, s’ils commencent à participer à la vie de l’église, et pas juste à y assister.

Il s’agit d’une tension à gérer entre fondements et formes, qu’il faut mesurer, et remettre en question régulièrement.

J’ai donné l’exemple d’un stabilisateur. Il en existe des milliers. Il appartient à chaque église de trouver comment être pertinente face à la culture de son époque et de sa région en ayant des fondements clairs, des formes adaptées, tout en jouant sur ces stabilisateurs.

  • 25
  • 11
  • 2009

un message percutant

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La Bible offre un message percutant. Nous autres prédicateurs, nous tentons d’en faire l’exégèse, c’est à dire de l’expliquer aux autres, mais le message est complexe. Cela amène souvent à un message brouillé, inaudible, compliqué.

C’est dommage, parce que si la Bible est complexe, elle n’en est pas pour autant compliquée.

Nous disposons d’outils tels que Powerpoint, OpenOffice Presentation ou Apple Keynote pour rendre nos enseignements plus percutants. Encore faut-il savoir s’en servir ! Dans un monde dominé par la culture de l’image, soyons créatifs, mais respectons les règles et les codes reconnus, qui permettront à chacun de s’identifier avec plus de force encore au message que nous donnons.

L’objectif de ce site est de donner des outils pour aider à ne pas compliquer inutilement la réception d’un message simple.

Tout simplement.